le-seigneur-des-anneaux

Lettre à Monsieur Tolkien

Enfant, je passais tout mon temps libre à la bibliothèque. Je me souviens même avoir emprunté des livres le mercredi matin, puis avoir rapporté ceux que j'avais lus dans la journée pour pouvoir en emprunter de nouveaux.

Et puis un jour je suis devenue trop âgée pour la bibliothèque jeunesse, à ma grande détresse. La bibliothèque adulte me semblait aussi gaie qu'un repaire d'Orques, et surtout je ne savais que choisir dans ces livres inconnus.

Alors j'ai perdu le contact avec ma passion, oh bien sûr j'ai continué à lire, mais surtout pour l'école, et plus avec le même plaisir.

Et puis un jour, jeune adulte. Un prêt. Un pavé comme on dit (les 3 tomes dans un seul livre !). Le seigneur des anneaux.

Laborieuses, les premières pages, le bijou se mérite.

Un rêve d'enfant, des regards dans la forêt, au cas où, un Elfe.

Grâce à vous, j'ai réappris à rêver ma vie. J'ai découvert que la lecture, même adulte, pouvait m'emmener dans un monde imaginaire et que j'y prenais un plaisir indicible.

L'enfant en moi jouait avec Merry et Pipin, chevauchait Gripoil et connaissait l'entrée secrète de Fondcombe.

L'adulte en moi se délectait du monde inouï que vous aviez créé, peuples, lieux, langues, légendes.

Depuis cette révélation, les livres sont de nouveau mes amis, avec une prédilection pour la fantasy bien sûr. Il m'arrive même régulièrement de me perdre dans la littérature jeunesse, sans complexe.

Pour cette joie, Monsieur Tolkien, pour votre oeuvre et, envers et contre ceux qui considèrent l'heroïc fantasy comme une anecdote de la littérature, je vous envoie, de ce monde turbulent vers vos Rivages gris, mes plus sincères remerciements.