livres lus

 

Bon d'accord j'ai beaucoup (beaucoup) lu cette semaine, il y a juste Ne sautez pas ! que j'ai lu il y a quelques semaines, mais dont je tenais à dire quelques mots.

Agatha Raisin tomes 3 et 4, MC Beaton

Toujours une valeur sûre cette Agatha ! Nous la retrouvons fidèle à elle-même, entre déboires sentimentaux, introspections, enquêtes et quelques insultes bien senties. La fin du tome 4, Randonnée mortelle, nous plonge dans un suspense quasi insoutenable et promet des catastrophes dans le tome 5. J'adore me régaler de cette série légère, et so british, une vraie bouffée de plaisir entre deux lectures plus "denses" si je puis me permettre. Pour information, MC Beaton sera aux Quais du polar de Lyon cette année, personnellement je ne résisterai pas au plaisir d'aller lui bafouiller lamentablement quelques mots exprimant (ou tentant d'exprimer) mon admiration. A déguster bien sûr avec une bonne tasse de thé et des scones !

Ne sautez pas ! Frédéric Ernotte

Je me suis lancée un défi personnel : lire un maximum de publications des excellentissimes maisons Lajouanie. Après quelques confessions auprès de notre ami Requiem (un peu plus hot que celles de Rousseau...quoique), j'ai été irrésistiblement attirée par Ne sautez pas, ce roman pas policier mais presque dans lequel une méprise va changer la vie d'un laveur de vitres. Derrière cette fable qui manie un humour caustique, se cache une réflexion très intéressante sur l'engagement humanitaire. Je ne peux que vous conseiller de faire le grand saut pour découvrir ce roman hors normes. Que déguster avec ? Vous allez me trouver nulle, mais Frédéric Ernotte est belge et ce midi je mange des frites alors...oui je sais j'ai honte, mais c'est bon la honte. (et les frites belges, c'est vraiment meilleur que les françaises, dédicace à mes copains belges que j'aime d'amour)

Harry Potter et l'enfant maudit, JK Rowling

Je n'en reviens pas moi-même d'avoir attendu si longtemps avant de découvrir le dernier bébé de l'univers Potter. Peut-être une peur d'être déçue, pourtant ça n'a été le cas. Une fois habituée au format théâtre, je me suis délectée de cette incursion dans le monde de nos héros adultes, et surtout de leurs enfants. J'ai fait totalement abstraction de tout ce que je connaissais des romans, et les petites incohérences qui existent ne m'ont donc ni vraiment sauté aux yeux, ni gênée. Mes seuls regrets au final : trop court ! J'en aurais voulu encore de cette petite gourmandise potteresque. D'autre part, ce format théâtre, s'il est agréable à lire, ne permet pas d'exploiter tout l'univers qui a fait le charme des aventures du jeune sorcier. En clair, ça manque de créatures farfelues, de longs discours de Hagrid, de chaussures de Luna Lovegood...A déguster avec une bierraubeurre, évidemment (si vous voulez la recette j'en ai une)

Les proies, Matt de la Pena (suite de Les vivants)

J'aime bien les dystopies jeunesse, mais pour en avoir lues un certain nombre, on se lasse très vite de ce schéma répétitif : belle fille, rousse, amoureuse de deux garçons, qui sauve le monde. Ici le héros est un jeune garçon, certes caricatural, mais ça change un peu. Au-delà de son histoire, sur fond de passage à l'âge adulte, le thème de cette fin du monde est plus que crédible et m'a particulièrement parlé. Difficile d'en dire plus sans spoiler, sachez juste qu'il est question de laboratoire pharmaceutique et de pays pauvres...A déguster avec un bon stock de conserves (on ne sait jamais).

Charade, Laurent Loison

Aïe, ouille, j'en arrive au moment où je vais me faire lyncher...pourquoi ? parce que je ressors plutôt mitigée de cette lecture qui a pourtant séduit tant de monde...L'histoire : une série de meurtres sordides, sur fond de mystérieuse charade, occupe deux équipes rivales d'un commissariat. En positif, l'intrigue, et surtout la charade. Je suis toujours admirative de ces cerveaux capables d'inventer des énigmes quand je suis moi-même déjà bien en mal de les résoudre. L'écriture est sympathique, et on tourne les pages frénétiquement pour connaître la suite. Bon là on entre dans la partie douloureuse de ce bilan aigre-doux. Tout d'abord les meurtres : alors certes, en amateure de thrillers je ne suis pas contre un peu de torture, mais là on frise l'insoutenable, et surtout ça ne colle pas avec la résolution finale de l'enquête. La crédibilité ensuite, pas toujours au rendez-vous selon moi, avec des personnages et des scènes parfois caricaturaux. Je ne dirais pas que j'ai passé un mauvais moment, mais j'attends avec impatience le second roman de Laurent Loison en espérant avoir le grand coup de coeur. A déguster avec un petit pain au chocolat...ceux qui liront comprendront pourquoi (ça marche aussi avec une chocolatine mouhahahahaha)

Cabossé, Benoît Philippon

Alors là attention, on est dans du gros gros coup de coeur ! Cabossé c'est du roman noir à l'état brut, c'est une recette savamment dosée qui vous mettra dans tous vos états : violence, horreur, tendresse, amour, poésie et vulgarité. Vous n'êtes pas prêts d'oublier Roy et sa luciole, et surtout la plume extraordinaire de Benoît Philippon. J'ai littéralement dévoré ce roman, avec un seul petit bémol : un peu trop de zizi-zézette et culotte mouillée à mon goût, mais je n'en fais pas tout un plat, et hisse Cabossé au rang de ma plus belle lecture 2017 pour le moment. Si les thèmes abordés dans ce roman sont graves et riches d'enseignement, on sourit presque à chaque page et c'est un cocktail qui me laisse toujours sans voix et rassasiée d'admiration. Après la réalisation de plusieurs films, Mr Philippon montre qu'il a décidément plus d'une recette dans sa toque. Pour la belle gueule de tomate écrasée de Roy, il faut un plat consistant, qui ne ressemble pas à grand-chose mais qui en jette côté palais, et là je pense direct (du droit) au boeuf bourguignon. Miam

Chanson douce, Leïla Slimani

Je suis toujours un peu méfiante face aux livres primés, mais je dois dire que le sujet me tentait, même si en tant que maman cette lecture me faisait un peu peur. Rappelons-le, et on l'apprend (brutalement) d'entrée de jeu, Chanson douce c'est l'histoire d'une nounou qui assassine les deux enfants dont elle avait la charge. Que s'est-il passé pour en arriver là ? C'est ce que tente d'expliquer Leïla Slimani, avec grand talent selon moi. Au gré de l'histoire de Louise, la nounou, et de la famille qui l'emploie, on décrypte petit à petit ce qui l'amène à ce geste fatal, en suivant le voile d'ombre qui tombe sur eux, inexorablement. J'ai surtout été sensible au traitement de cette question que l'on se pose forcément : comment les parents ont-ils pu ne pas voir ? Oh si, les parents ont vu, ressenti surtout, mais il est question ici d'emprise. L'emprise tranforme, même les caractères les plus forts, en doutes, hésitations, perte de bon sens. Une lecture sombre, mais à lire, tant elle suscite des questions, tant le sujet est bien traité. Pour s'en remettre, il faudra bien un bon chocolat chaud. Avec de la chantilly. Et des crêpes. Au caramel. (avec des pommes coupées en petits morceaux revenus quelques instants dans une poele)

Voilà, c'est tout (!), à la semaine prochaine !