bilan

Ce fut une semaine à thème "personnages torturés", tours, détours, retours, les auteurs de cette fin janvier ne m'ont rien épargné ! Au menu, 3 belles lectures et une plus mitigée...

Station eleven de Emily St. John Mandel

Imaginez : demain, la fin du monde tel que nous l'avons connu. Une épidémie foudroyante qui se répand et laisse l'humanité exsangue. Du réchauffé vous allez me dire...mais là je ne peux que m'offusquer. Station eleven, c'est du velours, c'est un mélange de peur et de beauté à la sauce Ravage (Barjavel). C'est la fin du monde telle qu'elle pourrait être, et surtout l'après, cet après qu'on nous a (trop) souvent servi à base de zombies, vaisseaux spatiaux et autres bizarreries génétiques. L'après, c'est la peur, la mort, c'est devoir se relever et avancer (à pied) dans un monde souvent hostile. Mais c'est aussi la survie de ce qui était beau en ce monde : l'Art. Voilà certainement l'aspect le plus original de ce énième roman post-apocalyptique, et qui en fait un roman de qualité. L'art, et la plume de Emily St. John Mandel, qui nous mène de personnages en personnages, de passé en futur, avec en filigrane un exemplaire de Statio eleven...Si vous n'aimez pas les romans post-apocalyptiques, voilà le livre qui pourrait vous faire changer d'avis. Un coup de coeur à déguster avec un plat bien consistant, genre raclette, parce que dans le monde de Station eleven, on ne mange que du daim...quand on a de la chance.

Knysna de Odehia Nadaco

Je mentionne de nouveau ce très bon roman dont j'ai fait la chronique la semaine dernière et que vous trouverez ici.

Comme un conte de Graham Joyce

Voilà une lecture qui commençait plutôt bien...une jeune fille disparaît, et 20 ans plus tard, vient sonner à la porte de chez ses parents. Qu'a t'elle fait tout ce temps ? L'explication est pour le moins...déconcertante pour son entourage. Si j'ai beaucoup aimé cette hésitation incessante du lecteur entre réalité fantastique et explication psychologique, j'ai ressenti un grand malaise à l'évocation de ce monde fantastique plutôt étrange et objet de multiples questionnements qui ne trouvent pas de réponse. Alors certes, le tout est plutôt bien construit, mais la lecture n'en est pas agréable, du moins elle ne l'a pas été pour moi. Un soufflé prometteur qui retombe, en somme. Pour faire face à la relative tristesse du régime alimentaire dans le monde imaginé par Graham Joyce, je suggère une bonne côte de boeuf. Au barbecue. Avec un beurre au thym. et des pommes de terre sous la cendre. (ok c'est pas la saison, donc lisez-le plutôt en été. Ou sinon ne le lisez pas et gardez juste la côte de boeuf).

Le roman inachevé de Luca Tahtieazym

C'est le moment où vous, chers lecteurs, et vous, Luca Tahtieazym, allez me détester. Car je viens à peine d'achever ce roman (hahaha) et que je compte en écrire une chronique complète... demain. Considérez donc ces quelques mots comme une mise en bouche, qui vous mettra très justement en appétit pour ce roman que j'ai dévoré !