bilan2

Une très belle semaine, avec 3 lectures à consommer sans aucune modération, et une un peu plus mitigée.

Je sais pas de Barbara Abel

J'avais hâte de découvrir cette auteure, dont j'ai beaucoup entendu parler dans un certain groupe de mordus de thrillers. Je dois dire que, si l'histoire est très bien construite et vous fait tourner les pages à la vitesse grand V, elle manque un peu de crédibilité à mon goût. L'ensemble est ceci dit bien écrit, et divertissant, et atteint parfaitement le but de vous faire dresser les cheveux sur la tête. A lire donc, mais en acceptant de laisser quelque peu la réalité de côté. A déguster avec une bonne grosse barbapapa rose.

Bienvenue à Cotton's Warwick de Michael Mention

"Australie ! " "Oh non, pas encore !" "On tombe dessus, qu'est-ce tu veux, c'est le jeu ma pauv' Lucette !" La Lucette, si elle savait ce qui l'attend là-bas, elle récupérerait sa mappemonde et elle irait la planquer au fond du jardin, avec son passeport, la photo de son chien Kiki et sa bouteille de whisky pur malt ! (le dîtes pas à Raymond).  Cotton's Warwick, c'est le dernier endroit au monde où tu peux avoir envie d'aller, et ce n'est pas la pauvre Karen, dernière femme du village, qui te dira le contraire. Tout ce que l'humanité a de plus dégueu est concentré là, sous la fournaise australienne. Et crois-moi, Michael Mention doit avoir des comptes à régler avec le genre humain parce que la note est lourde. Les horreurs s'enchainent avec un ton d'une totale décontraction, proche de celui de Jean Teulé dans Mangez-le si vous voulez (vous ne l'avez pas lu ? Essayez, par curiosité et surtout n'oubliez pas que c'est une histoire vraie). Ceci dit, la violence n'est pas gratuite, il y a matière à réflexion et ça fait mal. J'ai adoré ce livre, que ce soit dans sa construction, très originale, dans le style ou dans le dénouement. A découvrir d'urgence, avec une bonne glace (chocolat, caramel beurre salé, amandes grillées, sauce chocolat et chantillly).

Petit pays de Gaël Faye

Etant plutôt fan des choix du Goncourt des lycéens (c'est mon côté éternellement jeune, que voulez-vous), je ne pouvais passer à côté de ce roman, d'autant que, ceux qui me connaissent un peu, savent que la vie en Afrique est un sujet qui me tient particulièrement à coeur. Bouleversant, c'est le premier mot qui me vient à l'esprit. Ce récit d'une enfance au Burundi est une pure merveille, récit mêlé de poésie, de sucre, de désillusions et de guerre. Le jeune Gaby va devoir quitter le monde de l'enfance (déjà douloureux en soi) dans le contexte de la guerre et du génocide qui va frapper sa famille. Ne vous attendez pas à un roman larmoyant pour autant, l'ensemble est juste puissant, de cette force que seuls possèdent les souvenirs et la rage envers la folie des Hommes. Je ne peux que vous inviter à découvrir également l'autre facette de l'auteur, Gaël Faye le chanteur et son magnifique clip "Petit pays".  Ce roman est à déguster uniquement avec des mangues bien juteuses, qui ne se trouvent malheureusement pas dans notre petit pays.

La faiseuse d'anges de Sandrine Destombes

Au cas où vous seriez passés à côté de la chronique de cet excellent roman, vous pouvez la retrouver en intégralité ici.